Uni-Siegen
17. Juli 2017L'imaginaire fluvial en France littérature peinture cinéma 1870-1930
Quand l’écrivain américain Ernest Hemingway évoque, dans son livre-mémoire Paris. A Moveable Feast (1965), sa vie à Paris au début des années 1920, il n’est pas fortuit que son regard nostalgique se porte sur une scène fluviale: -With the fishermen...
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Jetzt Lernplan erstellenQuand l’écrivain américain Ernest Hemingway évoque, dans son livre-mémoire Paris. A Moveable Feast (1965), sa vie à Paris au début des années 1920, il n’est pas fortuit que son regard nostalgique se porte sur une scène fluviale: -With the fishermen and the life on the river, the beautiful barges with their own life on board, the tugs with their smokestacks that folded back to pass under the bridges, pulling a tow of barges, the great plain trees on the stone banks of the river, the elms and sometimes the poplars, I could never be lonely along the river.- En effet, le réseau particulièrement dense des fleuves, surtout celui de la Seine de Paris au Havre et des canaux qui zèbrent le territoire de la France, devient à partir de la deuxième moitié du 19e siècle –et le reste pour l’essentiel jusqu’à la moitié des années 1930– une source d’inspiration constante pour écrivains, peintres, photographes et metteurs en scène, surtout du film muet, mais aussi des premiers parlants. Parmi les écrivains les plus connus à recourir à ce décor naturel à la mode, se trouvent, évidemment, Gustave Flaubert (L’éducation sentimentale, 1869), Guy de Maupassant (-Sur l’eau-, 1876; -Une partie de campagne-, 1881, adapté à l’écran d’un même génie par Jean Renoir en 1936; -La peur-, 1884; -Le Horla-, 1886/87), Alphonse Daudet (La belle Nivernaise, 1886) et, plus tard, Georges Simenon (Le charretier de ‚La Providence’, 1931). Dans le domaine de la peinture, il n’est certainement pas exagéré d’affirmer qu’il n’y a aucun motif qui soit plus attaché à la naissance de l’impressionisme que, justement, celui de la Seine et de ses abords –commençant avec des prédécesseurs de ce nouveau courant artistique comme Jean-Baptiste Corot, Johann Barthold Jongkind, Eugène Boudin et Stanislas Lépine jusqu’à Alfred Sisley, Claude Monet, Camille Pissarro, Édouard Manet, Auguste Renoir, Gustave Caillebotte, Paul Signac et Pierre Bonnard. Pourtant, c’est peut-être le cinéma qui a donné au paysage fluvial son expression la plus appropriée et plus spécifique. Non seulement les premiers documentaires des frères Lumières en témoignent (Panorama des quais de la Saône pris d’un bateau, 1897, et Panorama des rives de la Seine, 1897), mais toute une série de films dont l’action se situe sur des péniches et qui constituent une véritable veine fluviale du cinéma français, absolument unique dans l’histoire du cinéma mondial: L’Hirondelle et la Mésange (1920) d’André Antoine, La belle Nivernaise (1924/25) de Jean Epstein, La fille de l’eau (1925) de Jean Renoir, Maldone (1928) de Jean Grémillon, et L’Atalante (1933/34) de Jean Vigo. Tous ces films sont de vrais joyaux cinématographiques qui n’ont pas été sans répercussions dans l’histoire du cinéma, il suffit de penser à Unter den Brücken (D 1944/46) de Helmut Käutner, Les Amants du Pont-Neuf (F 1991) de Leos Carax, Young Adam (GB 2003) de David Mackenzie, ou bien La blonde aux seins nus (F 2010) de Manuel Pradal.
A partir d’un choix représentatif de textes, de tableaux et de films nous nous proposons d’étudier de manière exemplaire, dans le cadre de notre séminaire, les dimensions esthétiques, médiatiques, culturelles, historiques et sociales de -l’imaginaire fluvial-, phénomène qui, à travers des témoignages divers, a tant contribué à créer une -certaine image de la France-. Le programme détaillé sera disponible dès la fin des vacances semestrielles. Nota bene: Le séminaire aura lieu en langue française.
Tous les intéressés sont priés de lire, avant le début du cours, les contes de Maupassant -Sur l’eau- et -Une partie de campagne- ainsi que les pages 112-116 dans Cinéma 1. L’Image-mouvement (Paris 1983) de Gilles Deleuze, dédiées à l’importance de l’eau pour -l’école française-.
Romanistik - Französische und spanische Literaturwissenschaft
Pour obtenir 2 ou 3 points (selon le nombre des participants): exposé oral/petit travail écrit/préparation d’un cours/protocole, etc.; pour 5, 6 ou 7 points: rédaction d’un mini-mémoire supplémentaire.
Universität Siegen
SoSe 2012
Univ.-Prof. Dr.
von Tschilschke Christian